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La traînée de poudre

Le blog StorIQ

 

Mercredi, 18 août 2010

Le futur de Solaris

L’attaque d’Oracle contre Google à propos de sa plateforme Dalvik permet de revenir sur le passé récent et s’interroger sur l’avenir de l’héritage Sun au sein d’Oracle, en particulier les nombreuses applications libres et à source ouvertes, à savoir :

  • OpenSolaris
  • Java
  • MySQL
  • OpenOffice, VirtualBox

Le futur d’OpenSolaris

Ne le nions pas, il est plus que sombre. D’une part Oracle semble se désintéresser singulièrement de Solaris, en ne communiquant guère sur ses évolutions. Ils ont finalement annoncé cette semaine qu’une nouvelle version apparaîtrait en 2011, après de longs mois d’un silence inquiétant.

Quant à OpenSolaris, c’est l’abandon pur et simple : les ressources de développement ont été supprimées, la version prévue en mars 2010 n’a pas vu le jour, et malgré une mise à jour des sources, la version “officielle” a été officiellement abandonnée . Du coup, la (petite) communauté OpenSolaris tente de lancer un “fork”, pour ne pas rester otage du bon vouloir d’Oracle, mais c’est là que se profile une autre ombre menaçante…

NetApp vs CoRaid

Il y a quelques semaines, NetApp a envoyé une lettre de menaces (disons le mot) au petit constructeur CoRaid (développeur du ATA-over-Ethernet), pour l’obliger à retirer de la vente ses appliances sur base d’OpenSolaris. La source du problème : ZFS.

NetApp a en effet attaqué Sun en justice, pour violation de brevets (concernant le système de fichier NetApp, WAFL). Or si Sun se porte garant des utilisateurs de Solaris (la version commerciale), il n’en est pas de même pour OpenSolaris; bien au contraire, la licence CDDL exclut explicitement la violation des brevets de la responsabilité de Sun…

La licence d’OpenSolaris en général et de ZFS en particulier interdisant de faire appel à la protection d’Oracle (c’est de bonne guerre), NetApp est apparemment nettement décidé à empêcher quiconque d’exploiter ZFS commercialement, et ils en ont clairement les moyens.

Petit aparté : ceci explique sans doute pourquoi Oracle a subitement supprimé la possibilité de télécharger et mettre à jour Solaris (la version commerciale) gratuitement: Oracle ne peut guère se permettre de protéger des utilisateurs sans compensation financière, maintenant que la menace se fait bien réelle.

L’odeur du sapin

Conclusion évidente : le principal attrait d’OpenSolaris étant ZFS, OpenSolaris est bel et bien mort, en tout cas définitivement condamné à rester un outil de hobbyiste ou d’administrateur système, sans aucun avenir commercial. Les tentatives de Nexenta et quelques autres de créer des “forks” sont certainement sans avenir. Sic transit gloria mundi.

La semaine prochaine : Oracle vs Google, le choc des titans.

posté à: 15:43 permalink